L’Auteur

Les éléments biographiques, ne servent que s’ils viennent éclairer votre parcours à l’âge où on demande aux enfants qui ils aiment le plus de leur père ou de leur mère, j’avais à décliner mes préférences territoriales, le Continent, la banlieue parisienne ou mon village de montagne en Corse. Chaque été, nous inversions ces univers entre ville et campagne, perdition et tradition et je ne pouvais tranquillement appartenir à aucun lieu. J’étais le captif de cette transhumance rituelle elle m’identifiait en me divisant.

Des lieus conflictuels incontournables, des trajets limités : l’aller-retour annuel et le métro parisien cordon ombilical d’une tribu déplacée. Comme pour des millions, d’autres fils d’immigrés, je flottais dans un monde  incertain et amputé aux ailleurs menaçants, aux frontières dangereuses. Mon père, militaire qui avait osé s’en affranchir disparu en Indochine, la tragédie afghane de l’époque.

Comme mon génogramme ou mon psychogramme, ce spatiogramme allait comme une ritournelle scander ma vie, à la recherche des harmonies spatiales dans la diversité, des lieues, des trajets et des frontières.
Partagé, entre la France et la Corse, atterrissage en Abitibi dernier territoire colonisé en Amérique du Nord, une île continentale au Nord du Québec. L’Abitibi devint  un tiers état neutre, mais étranger qui allait me permettre de mieux percevoir dans l’expression des troubles mentaux la force des énergies environnementales, de leur immanence comme de leurs empreintes incarnées depuis l’enfance Sous des figures diverses  elles nous animent et sans cesse nous orientent.

Elles m’ont conduit à une pratique professionnelle, diversifiée, métropoles et banlieues, région éloignée et réserve amérindienne, ou a chaque fois j’ai pu apprécier l’importance des déterminismes psychologiques particuliers à chaque géographie. A l’ombre de la science médicale, j’ai discrètement, « chamanisé » ma pratique à l’écoute non seulement des mots, mais aussi du bruit et des rythmes des corps dans l’expression des détresses affectives et des effondrements existentiels.

Très souvent ils sont en rupture, ou a contre temps de leur environnement, les « crises » s’inscrivent sur une partition spatiale cachée, toujours présente comme musique de fond. C’est finalement à cette « révélation » que j’ai consacré mon travail de réflexion.

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